village de moissey, au château

souvenirs de Marinette, née en 1906

Marinette Lasnier, épouse de Henri Debreuille

Marinette est la fille de Julie Lasnier, sage-femme célèbre dans tout le canton (au moins)

images et texte Familles Lasnier-Debreuille

pages latérales: o o o famille Simeray o o o famille Robert o o o maison Robert-Verdot o o ofamille Gaillard

 
Avant-propos

En 1996, au moment de rendre visite à Marinette Debreuille au Foyer-Logement où elle était venue séjourner quelques semaines, j'ai appris qu'elle venait de repartir. Muni de son adresse, j'ai pu lui écrire pour lui demander de raconter Moissey à sa façon.

Marinette m'a donc envoyé un cahier de format A3, de 12 pages rédigées de sa main. Marinette avait alors 90 ans, sa rédaction est un véritable exploit et ses notes constituent un véritable trésor. Ceux de nos lecteurs qui se penchent sur le siècle dernier y trouveront toutes sortes d'informations et partageront certainement cette indéfectible nostalgie qu'inflige la terre natale.

Nous avons recopié les notes de Marinette telles qu'elles nous sont parvenues. L'ensemble donne l'impression d'avoir été pondu d'un seul trait, au fil de sa pensée, parfois ciblée, parfois vagabonde. Ainsi les quelques redites n'ont pas été retirées et même permettent de la suivre dans le cheminement de ses émotions.

 moissey, le jeudi 4 juillet 1996.

C'est pas fini.

Le 13 août 2013 sont venues nous voir, rue haute, la petite-fille de Marinette (Isabelle) accompagnée de sa maman (Denise Debreuille, bru de Marinette). Dès lors, il fut décidé de reprendre les textes de Marinette, dont je n'avais recopié que les deux premières pages et d'y adjoindre les photos qu'Isabelle Debreuille nous enverrait.

moissey, mai 2015.

christel poirrier

 

petite généalogie

Jean Louis Albert Lasnier [°1879, + 1942] et Julie Anna Bournot [°1876, +1924] se sont installés au château en 1906. Ce château a été cédé à la famille Preney en 1961.


Sont nés de cette union

- Jean Albert [°1905, + 1978]

et

- Marie Elisabeth, dite Marinette [°1906 au Château de Moissey, + 29 septembre 1999 à Charenton-le-Pont]

 


- Jean Charles Albert Lasnier [°12 janvier1905, maison Donard, à Moissey, + 8 février 1978, à Montmirey-le-Château]

marié le 14 juin 1931, Paris XIV, à Gabrielle Mathilde Derriey,

parents de

- Jean-Claude père de Catherine

- d'autres éléments en attente


- Marinette, mariée avec Henri Debreuille le 19 août 1937, ont eu 3 enfants

- Jean-Pierre [°1937] x Pierrette = Jean-Luc et Alain

- Daniel [°1940] x Denise [° 1943] = Isabelle en 1968 et Jean-François en 1977

- Françoise [°1947] x Pedro [°1951] = Imanol en 1980


 C'est Isabelle, la fille de Daniel et Denise Debreuille, qui a collaboré à la construction de cette page:

- Isabelle [°1968] x Philippe = Lila en 2006 et Lena en 2009.

 

moissey, mai 2015.

isabelle debreuille

Isabelle Debreuille, née en1968, petite-fille de Marinette,

Julie Lasnier, sage-femme à Moissey, et son mari Albert. Image prêtée par Isabelle Debreuille

Julie Lasnier, sage-femme à Moissey, cour du château. Image prêtée par Isabelle Debreuille

les enfants de Julie: Jean-Albert et Marinette Lasnier au jardin du presbytère.

Henri Debreuille, ses enfants Jean-Pierre et Daniel, et son épouse Marinette [±1945]

 Marinette Lasnier, est née le 2 juin 1906, à Moissey, au château
[Ce château a été acquis par les époux Lasnier à Mme Marie Gaillard, rez-de-chaussée et aile sud, vers 1905 ET par la famille Picot de Morras d'Aligny, 1er étage+grenier et aile nord dont la chapelle, à la même date.

En 1920, Albert et Julie Lasnier ont racheté la part de la famille d'Aligny.

En 1961, Marinette Lasnier, fille d'Albert et Julie, a vendu le tout aux époux Preney, qui ont procédé à de très importantes réparations.

En 2001, Claude Preney, fils des précédents, a vendu le domaine à Peter Synek et Susan Borova].


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Je [Marinette Lasnier] suis née à Moissey le 2 juin 1906,

et mon frère Jean Albert est né à Moissey le 12 janvier 1905.

 

Filiation.

Mon trisaïeul, Jean-François Bournot, demeurant à La Loye, était couvreur à paille, il savait écrire. Sa fille, mon arrière-grand-mère Victoire Bournot habitait à La Loye, dans la famille des héritiers Secrétan.

Mon grand-père, Charles Bournot, est né au mois de novembre 1853 dans cette famille, mais il ne fut pas reconnu, porta le nom de sa mère; son père, paraît-il, était un personnage important et sa mère ne révéla pas son nom. Toutefois, ma mère put apprendre par le Docteur Sullero de Dole des choses intéressantes sur la filiation de mon grand-père. Les origines dateraient de 1800 ou 1802 où la grand-mère de Charles Bournot fut préceptrice à la Cour de Russie, eut un fils… qui serait le père de mon grand-père, enfin, mon frère et moi étions typés, ainsi que nos enfants.

Charles Bournot vint habiter Rochefort-sur-Nenon, il épousa ma grand-mère, Elisabeth Huguenet; de tailleur de pierre, il devint maître-carrier. Garde-pêche de la famille Marcel Perron de Dole (Vins en gros), il exploita donc les carrières de Rochefort, sur le Doubs. Ma grand-mère eut dix-huit enfants, dix seulement vécurent. Ma mère Julie Anna devint sage-femme, elle était l'aînée. Ma grand-mère acheta un petit commerce qui fut baptisé "La Baraque", situé sur les bords du Doubs après le Saut de la Pucelle, et chaque dimanche, elle cuisinait d'excellentes spécialités de tout un mélange de variétés de poissons du Doubs; en fait, ces succulents mets étaient réservés à Marcel Perron de Dole. Mon grand-père plaçait des verveux dans le Doubs.

J'en reviens à ma naissance.

Je fus baptisée Marie Elisabeth, mais ma maman m'a toujours appelée "Marinette".

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Ma mère Julie Anna Lasnier, sage-femme.

Ma mère est née en 1876 à Rochefort, fit ses études de sage-femme où elle fut reçue à 19 ans, lauréate et sage-femme de 1ère classe à Besançon, et elle vint s'installer à Moissey, à la Rue Basse, où elle loua la totalité d'un vieux couvent avec dépendances et jardin; elle vivait là avec sa sœur Léonie, qui épousa Jean Derriey de Moissey. Plus tard, le Docteur Simeray fit l'acquisition de cette propriété (le vieux couvent) [AB 50 & AB 47].

Maman était le dévouement personnifié. Pendant 31 ans d'exercice de sa profession, elle n'a pas perdu une patiente. La plupart du temps, elle se rendait à pied, nuit et jour, dans tous les pays environnants que je vais citer. J'entends encore les petits coups frappés aux volets, la nuit, on venait la chercher la nuit, Peintre, Pointre, Frasne, Offlanges, Montmirey-la-Ville, Montmirey-le-Château et j'en passe. Dès les premières douleurs, les femmes la réclamaient, elles avaient peur, maman leur parlait en patois local, surtout chez les cultivatrices, certaines patientes étaient visitées trois fois par jour, les bébés suivis jusqu'à la chute du cordon ombilical. Maman partait par tous les temps, la nuit, le jour, aucun honoraire n'était perçu chez les plus démunies -et il y en avait-.

La Thasie Pitot-Belin eut 30 grossesses. Madame Maître à qui nous donnions une vieille maison Rue Belle Orange fut une mère prolifique (la maison Rue Belle Orange fut vendue au maçon Jean Zocchetti) et maman continuait sans relâche.

A l'époque, il n'y avait pas d'antibiotiques et peu d'antiseptiques. Mais les abcès du sein étaient traités par des cataplasmes de fleurs de sureau. Les risques de phlébite par les sangsues (chez ma tante Robert Yves, il y en avait des quantités dans le ruisseau séparant les parcs à fruits) enfin je ne veux pas m'étendre sur les anciens traitements… et ne dois pas trahir le Serment d'Hippocrate.

Au début du siècle, les femmes accouchaient chez elles. Pour changer les nouveaux nés, il n'y avait pas de couches, on coupait des carrés de toile dans les draps et l'on confectionnait des drapeaux, je dois dire que ma mère a souvent coupé nos draps pour en ourler, dans certaines familles, on déposait bébé dans de la balle d'avoine.


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Mon père.

La filiation de mon père Jean, Louis, Albert Lasnier.

Renseignements écrits par Mr Athias, secrétaire de mairie de Mutigney-Chassey (Jura).

On retrouve dans les registres de l'état civil la filiation des ancêtres.

[A Mutigney, il y a sur l'ancienne maison des mes arrière-grands-parents Lasnier une plaque à leur nom. C'est la gérante de la cuisine de la maison de retraite du Mont Guérin qui habite cette maison]

En ce qui concerne mon père,

avant 1815 : Jean-François Lasnier, cultivateur.

1815. Jean-François Lasnier cultivateur-propriétaire, ensuite pas trouvé. J. F. Lasnier, décédé en 1856. A Mutigney. Son épouse, Jeanne Bideaux, enseignante libre à Mutigney. Enfin, depuis 1792, il y eut plusieurs familles Lasnier à Mutigney. Jean Lasnier, père de mon père, décédé à l'âge de 21 ans et 8 mois, il avait fait ses études à Paris, afin de devenir notaire. Il eut un enfant à Paris, qui porta le nom de sa mère (Mme Bachotet); le demi-frère de mon père Albert Bachotet fut aidé par la grand-mère Marie Bideaux, fit de brillantes études et devint agent de change au Palais Brongniart, il venait nous voir tous les ans.

Mon père est né à Pesmes, Haute-Saône, le 31 mars 1879. Sa mère Marie Renaud, âgée de 36 ans, était négociante en tissus et mère d'une petite fille Blanche, qui plus tard, épousa Mr Yves Robert, greffier de Justice et propriétaire de vignobles à Moissey. [voir aussi un brin de généalogie Robert et un autre]

Ma grand-mère était propriétaire à Pesmes, d'une grande maison voisine de la vieille église, c'était de rendez-vous de chasse du Cardinal de Granvelle (classée en partie par la Société des Monuments Historiques).

Ma cousine, Marie-Louise Régnier, qui vit actuellement [ndlr: en 1996] à la maison de retraite du Mont Guérin a habité ce Rendez-vous de Chasse, qui fut vendu à son père Henri Renaud par mon père (ils étaient cousins et s'aimaient beaucoup).

Un autre cousin, Lucien Renaud possédait la maison Louis XIV [ndlr: la maison royale], où, si mes souvenirs sont exacts, on expose peintures et sculptures. Mme Régnier peut vous renseigner, je lui adresse mes affectueuses pensées.


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Mon frère Jean Albert Lasnier

est né en 1905 dans la maison Donard [AB 339], sur le ruisseau des Gorges, route de Moissey à Dole.

Je suis née le 2 juin 1906 au château de Moissey dans la tour sud-est, côté jardin, donnant sur le parc de la famille By [Collieux, AB 287]. Mon père avait acquis la moitié du château à Madame Marie Gaillard en 1905, mais plus tard, nous habitions le rez-de chaussée. Mon père loua le premier étage au Docteur Simeray lequel loua l'autre partie -je pense- au Baron Picot d'Aligny, qui lui, loua le rez-de-chaussée à Mme Veuve Amiot.

Je n'ai connu que les trois tours.

La propriété de la famille By avait été dépendance du château. Nous avions de bons voisins, les By [Victor et Marie], les Barbier, Mr et Mme Albert Monnier. Mr Albert Monnier s'associa à mon père pour le commerce du Bois, bois de chauffage, traverses pour la SNCF. Le père Pitot-Belin, mari de la Thasie [Anasthasie Guyot], fut longtemps notre employé, nous avions deux boeufs et un cheval et... des chars à quatre roues pour avoir accès aux coupes de Bois de la Serre, il fallait un attelage.

Nous étions séparés de la propriété By par le canal et un mur, jusqu'à la place de la Fontaine (surmontée du buste du Sénateur Lefranc), une grande allée conduisait à la place du château; à droite, c'était notre potager, nous avions (avec des engrais naturels) de magnifiques légumes, une haie de framboisiers, des pêchers, un immense noyer. Les "petits mots" échangés entre mes parents et les By venaient que ces derniers avaient un élevage de pigeons, dévastateurs des semis de graines! mais cela s'arrangeait toujours et nous étions de bons clients pour les pigeons et les oeufs des poules des fermiers By.

Le jardin côté nord nous séparait de la maison du notaire, une partie pour Mme Amiot, une partie pour le Dr Simeray; Madame Besson était une amie de ma mère, personne très distinguée, toujours vêtue de Blanc, elle avait le culte des roses et la barrière qui séparait sa propriété du jardin était un immense rideau de rosiers dont les fleurs odorantes étaient un éventaire de magnifiques couleurs très variées, mais je cueillais des roses et les portais à ma grand-mère Mme Lasnier-Renaud, qui, dans son âge avancé, avait quitté Pesmes pour habiter chez Mme Robert, sa fille.


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L'an 1905, nous habitions dans une partie du Rez-de-Chaussée au château, l'autre partie était occupée par Mme Amiot (la grand-mère des enfants Aubert), elle était pauvre et se nourrissait de gaudes; elle vivait dans la petite tour, cuisait ses gaudes sur un petit poêle à bois, mon frère et moi, bien que n'étant pas privés à la maison, nous nous rendions chez la mère Amiot pour la cuisson des gaudes et notre joie était de gratter le fond de la cocotte pour déguster ce qu'on appelle la rasure.

La messe de Minuit. Mme Amiot ne la manquait pas, elle disait "y vais à lai messe de minneu", elle parlait patois. Ce soir-là, réunion pour le Tarot, Mr Béjean, Mr Guillaume, Guelle d'Offlanges etc... Mais je guettais Mme Amiot, le froid sévissait, la neige tombait en gros flocons et cette bonne vieille m'apparaissait, bonnet blanc, pélerine main droite sa canne, main gauche sa lanterne, elle marchait tout doucement pour éviter de glisser et pour arriver à l'église, entendre la bonne parole du cher Abbé Brûlot, il fallait affronter la ruelle des chevaux.

Le lendemain, c'était la découverte des sabots, dans la cheminée, tous les petits enfants de Moissey n'oubliaient pas de les y mettre, bien souvent ils n'y trouvaient que 2 oranges et 4 papillotes, mais le Père Noël était passé, c'était l'émerveillement.

Je revois ma maison natale, étant née en 1906. Je n'ai connu que les trois tours, la grande cour carrée, de chaque côté les galeries soutenues par d'énormes piliers, les grandes caves voûtées [en réalité, l'espace sous les galeries, non creusé], côté droit une petite écurie pour les boeufs qui charroyaient les grands chênes abattus en forêt de Serre, pour les traverses et le bois de chauffage (certaines arcades étaient encore murées et toujours à droite, il y avait une immense grange, un côté pour notre réserve de bois, une partie pour les chaudières qui servaient pour faire la bue et stériliser les cèpes (il yen avait en quantité en forêt de Serre, les f.......s, les haricots verts, dans cette pièce un grand alambic, mon père (possesseur de vignobles importants) faisait tirer le marc, le kirsch et même la mirabelle, il y avait de nombreux arbres dans le parc derrière le château; nous avions des ruches, et dans la tour côté sud donnant sur le jardin et le puits (découvert par papa) il y avait des fissures, une meurtrière où les abeilles avaient essaimé, le miel ne manquait pas...

du côté gauche, il n'y avait qu'une tour, habitée en bas par Mme Amiot, les piliers soutenaient les arcades, les galeries (dans les galeries, une belle chapelle, la galerie du fond servant d'étendoir).

Je dois dire que les eaux-de-vie étaient soutirées par le père René Gaillard, voisin de Mr Penneçot.


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En bas de la chambre à four, là, mon frère (Albert Lasnier) en s'introduisant dans le four, explora et trouva les oubliettes avec des ossements humains.

A côté de la chambre à four, il y avait une pièce ouverte, l'entrée était une arcade soutenue par des piliers, c'est là, que pendant les périodes de pêche, nous prenions le repas du soir, car mon père, pêcheur invétéré revenait chaque soir de Montrambert, il pêchait dans l'Ognon, au Moulin, à la traîne, il plaçait des lignes de fond. Les plats impressionnants de poissons frais se préparaient là, afin d'éviter les odeurs dans la maison.

Papa était un grand chasseur, réputé, il faisait le coup du roi en tuant deux bécasses à la fois. Je le vois revenir un hiver, il neigeait, sur ses épaules 2 marcassins: l'Action Jurassienne lui avait consacré un article, c'était je crois, en 1918, il avait blessé un sanglier, qui se traîna vers un étang, notre chien Salambo suivit le sanglier risquant de tuer son chien, délibérément il sauta dans l'étang recouvert d'une couche de glace, son couteau à cran d'arrêt ouvert et poignarda le sanglier, cela fit du bruit dans la région.

Mon père, un hiver, tua une laie à la bauge, ce devait être pendant la guerre [la 39-45], il avait été demandé à la scierie par son ami Firmin Béjean et avait quitté l'armée. A la bauge, la laie laissait 3 petits sangliers rayés jaune et noir, mon père revint avec les petits dans les bras, l'un fut adopté par Sirdey [Roger ?] de Montmirey-la-ville, l'autre par Guelle d'Offlanges. Nous gardâmes le 3e que maman appela Azar; elle l'éleva au biberon et aux gaudes, il devint superbe (et très voleur: il allait chez l'épicier Charles Grebot [le père de Bernard] et s'enfuyait avec des paquets de chandelles dans la gueule, le suif servait à graisser les fissures des tonneaux avant les vendanges.

C'est Mr Dourlot, capitaine en retraite à Offlanges, qui abattit notre sanglier qui s'était enfui à Offlanges, Arsène Ardin, facteur, se trouvait là et vint nous prévenir, nous fûmes consternés ayant une adoration pour cette bête. Et Mr Dourlot faillit perdre sa retraite car il avait tiré du gibier en temps prohibé (maman plaida sa cause).

Autre histoire. Mon frère avait un épervier toujours perché sur son épaule, et lorsque mon frère allait chez le boucher acheter la tête de mouton pour pêcher les écrevisses au Moulin de Frasne, l'Epervier se jetait sur un quartier de viande et Mr Tomczyk [le père d'Yvonne] poussait les hauts cris, très fâché (il y avait de quoi).

J'ai connu 3 bouchers à Moissey: Philibon, Donzel et Tomczyk.

Nos deux renards apprivoisés, une nuit, pénétrèrent dans la voilière et saignèrent 24 poules.


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Nous avions 3 chiens de chasse, Salambo, Reveillo et Phanar. Ils furent enterrés au pied d'un rosier, dans la volière.

Je reprends la description du Château, au Rez-de-chaussée, un grand salon, les murs recouverts de boiseries sculptées du XVIIIe siècle, une immense cheminée surmontée d'une glace ancienne et d'un d'un chapiteau représentant un gladiateur. Avant la dernière guerre, des Américians vinrent visiter le château, achetèrent les boiseries du salon, la glace etc... (mon père étant en difficulté d'argent), ils proposèrent de démolir les galeries et d'acheter les énormes piliers. Mon père refusa.

Avant 1961, la belle Tour d'entrée s'effondra. Le Dr Preney, en décembre 1961, fit l'acquisition du château mais le reconstruisit avec ses tuiles anciennes et les poutres admirables (une dentelle, une enchevêtrure de bois sculptés, étant très onéreux, le Docteur renonça).

Maman était persuadée en grattant un débris de pilier, retrouvé par le Dr Preney, avoir remarqué gravé dans la pierre une date l'an 870 ?

Pour accéder au cimetière, aux terrains, aux vignes derrière le château, il fallait contourner tout le pays, prendre la route d'Offlanges, mon père autorisa les habitants du pays, très gênés par ce long trajet et les personnes se rendant au cimetière très souvent, mon père leur permit d'emprunter l'allée du château, de suivre la belle allée très ombragée (il y avait des arbres magnifiques, très vieux, puis de traverser le parc bordé de très nombreux cerisiers).

La maison du notaire [AB 266, devenue école communale] fut vendue en 1927 ainsi que le superbe mobilier, maman ayant assisté à cette vente me décrivit des verres en cristal avec des pieds en argent massif.

Si mes souvenirs sont exacts, c'est Mr Telliet, maître-carrier qui acheta [NDLR: loua vraisemblablement] la maison Besson. En décembre 1961, nous prîmes Rendez-Vous, mon frère et moi, avec Mr et Mme Preney et Me Girardier, la vente fut conclue au profit du Dr Preney.

J'ai oublié de mentionner que mon père avait acquis l'autre moitié du château au Baron Picot d'Aligny, c'est ma grand-mère Mme Renaud Lasnier qui régla cet achat en 1911. [en 1920]

[Trois extraits de la lettre de M. Picot d'Aligny en date du 22 mai 1920, qui vend sont "demi-château" à Albert Lasnier.

Mon cher Lasnier,

- Dans le cas où le notaire aurait peur que l'enregistrement, en face du prix beaucoup plus élevé de mon achat (il y a 16 ans à peu près) ne nous crée des ennuis, vous pourriez lui demander d'y glisser une ligne indiquant qu'il y a les réparations à faire.

- Vous savez que j'ai pour locataire le Dr Simeray et Mme Mercerot: j'espère que vous vous arrangerez avec eux.

- Je regrette un peu la chapelle et les jolies voussures qui s'y trouvent: je compte sur vous pour les maintenir dans leur intégralité: elles constituent pour les amateurs la partie de valeur de ma moitié de château.

Baron d'Aligny]


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Le Tacot. Pour se rendre à Dole, il fallait prendre le Tacot. Pour mon baptême, en janvier 1907, ma tante le prit pour aller faire des achats à Dole, surtout les dragées, mais la neige qui tombait dru s'était amoncelée sur les rails du côté d'Archelange et ma tante dut passer une nuit glacée en attendant les secours.

Firmin Béjean occupait la laiterie de Moissey, proche de la gendarmerie, qui appartenait à ma grand-mère Renaud Lasnier qui la légua à Mme Robert sa fille. Pour en revenir à Mr Béjean, chaque jour il attelait ses gros chiens à une petite voiture, allait récolter le lait dans les fermes de Moissey et aux pays les plus proches, je revois sur la petite voiture les grands bidons de fer; le beurre se faisait dans sa laiterie, le fromage blanc, la crème, le caillé transformé en mettons et entassé dans des pots de grès, on laissait pourrir, pour faire la Cancoillote, très prisée à l'époque.

La grande spécialiste, c'était la mère Bon. Ce que j'ai vu: la journée elle mettait ses pots sous l'édredon, sur son lit, pour accélérer le pourrissement, puis elle fondait ce produit avec du beurre, un peu de vin blanc, coulait dans des bols afin de vendre. La mère Bon partait tous les jeudis à Dole, dans le Tacot, elle avait une petite charrette, les gens passaient commande, pour 10 sous, le soir elle revenait avec les courses, c'était pratique, car il n'y avait pas de bus, et à l'époque, pas d'autos.

Plus tard, les deux premières autos furent dans les familles Béjean et Thomas, ces deux familles furent très très gentilles pour nous, en nous transportant qui à Dole, qui à Dijon, et puis, ce furent de grands compagnons de chasse de papa. Que de gibier, au château, sangliers, lièvres, perdrix, ramiers, bécasses. Le Baron d'Aligny invitait papa à ses battues, il avait une meute (mon père préférait suivre le gibier avec son chien, il n'aimait pas les battues et détestait le braconnage).

Je vais joindre à ce griffonnage quelques photos, je vous prie de m'excuser, j'ai un doigt de la main droite presqu'inutilisable, j'écris au fil de mes souvenirs, la secrétaire de mon second fils pourrait à la rigueur me taper ces écrits à la machine, mais mon fils est souvent appelé à l'étranger pour ses conférences (IRM, scanner, enfin pour les appareils modernes) la secrétaire est très occupée. J'espère que vous pourrez déchiffrer (le griffonnage, quelle horreur). Je vous remercie pour l'opuscule de Blanche [Devassine] et votre charmante lettre. A bientôt, Bravo! Bon courage! à bientôt. Marinette Debreuille.

Les pages qui arrivent maintenant font partie d'un second envoi.


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Moissey 1910. Les inondations.

J'étais petite, mais je me souviens, le canal [le ruisseau du Puits Baudry, encaissé entre deux murs, séparant le domaine By et le château] débordait, les jardins étaient inondés, la pluie qui s'abattait sur le pays était torrentielle, les caves très inondées, surtout celle du Dr Simeray, il fallut bien des jours avant d'y avoir accès.

En 1911, le Baron Picot d'Aligny vendit sa partie de château à mon père (je vous adresse une lettre à ce sujet, du Baron). Mon père continuait sa profession de marchand de Bois, achetant dans la Serre où il y avait des chênes très vieux et superbes, achetant dis-je des coupes; il faisait abattre les gros chênes par des bûcherons du pays (Cointot, Aupy, Vernier dit Pageot, le mari de la Julia) ensuite les arbres étaient débités en traverses (par des scieurs de long, Italiens et très bons techniciens). Mon père était fournisseur pour la SNCF, le reste, des chênes transformés en bois de chauffage, moules, cordes etc...

Chaque année, 4 femmes du pays venaient, munies de leurs cardes, refaire nos matelas, Marie-Louise Derriey, Joséphine, Julia, Thasie Pitot-Belin, maman les installait dans le grand salon aux magnifiques boiseries, un bon feu de bois brûlait dans l'immense cheminée, car à l'époque, il y avait deux grandes portes vitrées, l'une donnait sur la cour, l'autre sur le parc (les douves étaient comblées, on pouvait accéder facilement au parc planté de nombreux arbres fruitiers, 8 pruniers, 4 poiriers, une dizaine de cerisiers, puis une partie plantée de pommiers de différentes espèces qui étaient délicieuses et qui n'existent plus (particulièrement les reinettes grises, de nombreux merisiers pour les conserves et plusieurs néfliers).

Dans la tour nord, aux belles poutres, logeaient des oiseaux de nuit, c'était là mon lieu de refuge, je passais parfois des heures à les regarder, je comptais les chouettes, il y en avait 40 ! elles dormaient, puis d'autres rapaces, je pense des chats-huants, des tiercelets (nous en avions apprivoisé un, devenu très fidèle et très carnivore); la nuit, les chouettes chassaient chuintaient, parfois elles donnaient des coups de bec sur les volets, maman disait que c'était un mauvais présage, il y avait des nids de vipères au pied de la tour.

Puis il avait un chenil, mais l'hiver, les chiens dormaient à la maison.

Dans l'immense basse-cour attenante au château, côté jardin, il y avait poulaillers, clapiers, avec des poules, des dindes, des lapins, puis une soue. Je me souviens de deux porcs que maman avait surnommés Pyrame et Thisbé, c'est le père Pitot-Belin, le mari de Thasie, qui les soignait.


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Le saigneur du pays (ce devait être [Joseph] Cointot) saignait ces cochons, il y avait les grillades, le boudin (qu'on offrait) puis la viande mise dans un grand saloir en grès. Dans la cave voûtée, salée et assaisonnée.

La choucroute faite par maman était dans une grande cuve en bois, il fallait bien manger l'hiver et tous les gens du pays prévoyaient, les hivers étant rudes en ce début de siècle.

Derrière le château, il y avait de grands sapins (ils furent abattus) donnant de l'ombrage sur les toits; l'hiver, les sapins recouverts de neige étaient merveilleusement beaux, et lorsque le vent soufflait très fort, c'était des orgues, une merveilleuse symphonie nous enchantait, quel chagrin lorsqu'ils nous quittèrent.

La lumière. Nous nous éclairions avec des lampes à pétrole, pour la cave, avec des lampes "Pigeon" et des bougies. L'arrivée de l'électricité fut un grand événement, les habitants du château en profitèrent les premiers. Quelle joie pour mon père et ma mère qui lisaient beaucoup (surtout maman). Je revois ces livres, J.-J. Rousseau, Zola, Hugo, Balzac, les livres de lycée de mon père (que sont ces livres devenus ?).

La soeur de papa, Mme Robert Yves jouait du piano et papa de la flûte; tous les dimanches, tante Robert tenait l'harmonium et faisait chanter les jeunes filles de Moissey.

Champs Rouges. Mon père possédait une propriété: les Champs Rouges, joignant le bois de Frasne, achetés à Mr Charles Odille, propriétaire à Moissey et à son épouse Mme Stéphanie Tramut, vers 1918. Ces terres furent réquisitionnées par l'armée et devinrent un champ de tir. nous fûmes dédommagés; mon frère en nettoyant grosso modo fit des découvertes: une quantité considérable de douilles en cuivre.

Plus tard, nous vendîmes "champs rouges" à Mme Germaine Collieux [la mère de René Collieux].

La guerre de 14. Le QG réquisitionna la salle de séjour du château et la grande tour de l'entrée pour y loger 40 militaires, les soldats avaient faim. Maman leur donnait des noix et des fruits; la population de Moissey avait peu à manger, c'était le pain KK, c'est-à-dire le pain noir, la sacharrine. Maman avait eu par Mme Henry l'épicière, un pain de sucre, elle en cassait un petit morceau chaque matin. Albert Patin faisait au four et il nous donnait parfois une petite miche de pain blanc, ainsi que Mme Collieux, en reconnaissance à maman.

Le camp des Prisonniers Allemands était situé aux Gorges, les pauvres, ils avaient faim.

Je me souviens, en 1914, pour la déclaration de guerre, les cloches sonnèrent "le glas". Les hommes partirent, papa à Besançon, puis en Alsace. Il refusa le grade de sous-lieutenant, il voulut rester simple soldat.


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Papa ne resta pas des années à l'armée, car Firmin Béjean avait abandonné ses laiteries, avait monté une scierie, proche de la gare du Tacot, papa lors de cet achat, avait répondu pour lui et grâce à ce service, Mr Béjean put le faire revenir comme utile à la scierie (en fait, il ne s'y rendait pas !).

Ce fut l'époque où les sangliers chassés des Ardennes vinrent se réfugier dans la Serre. Plus tard, avec Guelle d'Offlanges, papa fit des carnages.

Les émigrés du nord de la France arrivèrent, les gens du pays les logèrent, maman donnait donnait du bois pour le chauffage et des fruits.

Tous les soirs, les gens du pays allaient prendre connaissance du communiqué affiché à côté de la cure, en face de la statue du Dieu de Pitié. Il y eut des disparitions, des morts ! Les pauvres mères pleuraient leurs fils (le monument érigé vers la place du Dieu de Pitié en donne la preuve). [22 tués].

Après ces dures années, vint l'armistice en 1918, les cloches sonnèrent à toute volée. Je revenais de l'école et devant l'église il y avait un char sur lequel était un grand tonneau de vin et le vigneron, je crois qu'il s'appelait Bralet distribuait à tout venant des verres de vin.

Pour l'inauguration du Monument aux Morts de la Guerre, Melle Lissac et Monsieur Guinchard, les instituteurs, réunirent leurs élèves autour du monument et nous chantâmes "Petit Drapeau", c'était émouvant.

En fait, Moissey était devenu un pays agricole, beaucoup de vignes furent arrachées à cause du phylloxéra, beaucoup de vignes furent arrachées, certains propriétaires en possédaient encore, tel mon père, au Mont Guérin, à Créchot etc... mais j'ai vu des terres plantées en blé, avoine, orge, maïs, betteraves; mon oncle, Mr Robert possédait une oseraie [plantation d'osiers] qu'il louait pour l'élevage des bovins.

La laiterie Béjean n'existant plus, il y en eut une, installée en bas de la ruelle des chevaux, en face du petit bureau de tabac de Mr Darcy ou Mr Ardin. Le soir, à partir de 18 h 30, les fermiers portaient leurs bidons de lait. La laiterie, j'y ai connu Jeanne Mignot [la maman de Lucienne Brischoux née Rovet] vendant le lait, ce qui restait passait dans l'écrémeuse, puis la crème était barattée pour la fabrication du beurre, le petit lait destiné aux cochons, que les fermiers appelaient Gauri.


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Les adolescents se réunissaient devant la laiterie pour rire, chanter et se raconter leurs exploits. Les dimanches, c'était le bal au café, en face de la poste, ce café et ce bal étaient surnommés "La Gugu", il y avait là un superbe piano mécanique, les jeunes glissaient une pièce dans la fente d'une partie du piano, mazurkas, polkas, valses et même tangos. Ce piano, une pièce de collection à présent.

Il y avait aussi, au mois de mai, la fête annuelle, la Saint Gengoult. Les musiciens de Pesmes installaient sur la toute petite place leur bal et leurs estrades, c'était, si mes souvenirs sont exacts les Dubois, ils jouaient dans des cuivres.

Il y avait des manèges, des chevaux de bois, les gosses étaient ravis. Pour nous, la fête se passait souvent chez l'oncle Robert à la rue basse. Joséphine Derriey et la Julia étaient mobilisées, pendant deux jours, pour faire les bricohes et les tartes, il y avait la chambre à four qui avait toujours existé, il y avait toujours au menu des brochets pris par papa, du vin jaune de Château Châlon.

Les loisirs. Il y en avait peu. Au printemps, les mousserons, au Mont Guérin,

L'été, la récolte des framboises dans la forêt de la Serre, il y en avait des quantités,

Le ramassage des escargots,

La cueillette des cerises. Je dois dire que les enfants Lasnier passaient les soirées chez l'oncle Robert, avec les jeux de l'oie, des ombres chinoises,

Les champignons "marasmes des Oréades" [faux mousseron ou cariolette] dans les prés,

Les cèpes dans les bois et des quantités de petites fraises des bois,

Les écrevisses du Moulin de Frasne,

Le glanage lorsque les blés étaient rentrés,

Le grappillage après les vendanges,

Les jeux dans la cour de l'école [AB 436],

Parfois un petit cirque sur la place,

Les fêtes annuelles des pays environnants où les jeunes se rendaient à bicyclette,

Et chaque jour, le PASSAGE du TACOT, à la Gare !

fin

 moissey, le jeudi 7 mai 2015.

 
lettre de marinette

Charenton le 2 octobre 1996,

Cher Monsieur,

 

Mon institutrice,
Thérèse Lissac

m'appelait

Fléau de Dieu,

Je disparaissais aux récréations pour essayer de déchiffrer les inscriptions sur les tombes autour de l'église. [Il n'y avait pas de barrière pour la cour de l'école Joubert]

J'ai omis de parler du Capitaine Daudy, de son épouse et de ses enfants, tous décédés, qui habitèrent, après le départ du Dr Simeray, le 1er étage [du château].

 

Le Dr Simeray, ex-professeur d'Histoire à Besançon (veuf) épousa sa gouvernante, [il a occupé le 1er étage du château de 1908 à 1920, date à laquelle il a acheté le Prieuré de la Rue Basse AB 50]

il avait trois fils, Claudius phramacien, Henri, ingénieur et directeur des chemins de fer, Casablanca, Maurice, tué à la guerre de 14 [le premier tué du village], pharmacien aussi, mais artiste avant tout, il m'aimait bien, il était un peintre remarquable et fit un portrait de moi (disparu).

Mon père n'était pas destiné à la carrière de Marchand de Bois (ci-jointe une lettre qu'il écrivait à sa mère) il était étudiant au Lycée de Vesoul et devait avoir 17 ans, il voulait échapper, avec son caractère très indépendant, à l'école de Saint Cyr.

moissey, mai 2015.

christel poirrier

Albert Lasnier, son fils Albert (les deux à gauche) et ses chiens, des amis, celui de droite est M. Guelle d'Offlanges. Le chasseur à lunettes pourrait être M. Mignon.

Jean Albert [°1905, maison Donard, + 1978] le fils d'Albert le chasseur. Image prêtée par Isabelle Debreuille

Albert Lasnier, qui a acheté le château de Moissey en 1905-6 et qui était connu comme un grand chasseur. Image prêtée par Isabelle Debreuille

pour se rendre de Moissey à Paris, et pour en revenir, il fallait attendre à la gare du Tacot à Dole. Image prêtée par Marinette Debreuille. Elle a écrit au dos de la photo: "au centre de la photo, un peu à droite, assis proches de la petite table, Maman, corsage blanc, chapeau plume d'Autuche, debout, un petit garçon, Mon frère, Papa tête nue. Ils sont à Dole et attendent le tacot"

dans la propriété Besson [AB 266], sur les escaliers qui vont de la cour au parc. Cette cour est aujourd'hui cour d'école. Image de 1934, prêtée par Isabelle Debreuille

dans la cour du château. Image prêtée par Isabelle Debreuille

dans la cour du château. Image prêtée par Marinette Debreuille. Elle a écrit: "mon cousin Gaston Verdot qui a aidé et caché des Anglais et des résistants pendant la dernière guerre"

Maison Robert, au 13 de la rue basse à Moissey [AB 52]

A propos de cette maison appelée tantôt Robert, tantôt Verdot, une explication nous est aimablement donnée par Roger Robert, son propriétaire actuel en 2015.

Yves Verdot est le fils de Gaston Verdot. Gaston Verdot avait épousé Yvonne Robert qui est la fille de Yves Robert, mon arrière-grand-père.

Yves Verdot est donc le cousin de mon père Claude Robert. Signé Roger Robert.

la fille de Julie Anna Lasnier, Marinette, avec son deuxième fils Daniel. Image prêtée par Isabelle Debreuille

Marinette et son frère au Jardin du Luxembourg. Image prêtée par Marinette Debreuille

Marinette Debreuille dans la cour du château à Moissey. Image prêtée par Isabelle Debreuille

Marinette Debreuille dans la cour du château. Image prêtée par Isabelle Debreuille

Vieille carte postale colorisée, antérieure aux autres, avec la présence des deux grands peupliers du château. A droite, deux entrées pour deux domaines, le château Lasnier à droite (deux piliers), la propriété Besson (grille métallique) à peine plus à gauche.

sur cette vue aérienne de l'armée de l'air (Dijon) de 1925, on peut aisément imaginer les dimensions du domaine seigneurial = le château, + à gauche le domaine By (plus tard Collieux) + à droite, le domaine Besson, ce qui représente pas loin d'un quart ou un cinquième de l'agglomération. La place de Moissey dite de la Fontaine était toute petite, pourtant, certaines années, elle accueillait un manège pour la fête patronale.

l'entrée de la cuverie, démolie par le maçon Daniel Vuillet, sous le "mandat" de Paul Preney. Image Marinette Debreuille.

Marinette a écrit derrière cette image: "entrée de la grande cave, inondée en 1910"

Le bail de 1908 entre Albert Lasnier et le Dr Claude Simeray, qui vient de Besançon pour s'installer à Moissey. La famille Simeray occupera le 1er étage du château de 1908 à 1920, date à laquelle elle a acheté le Prieuré de la Rue Basse AB 50.

Remarquer en bas de ce document "les impôts fonciers, portes et fenêtres" seront à la charge du bailleur.

Le bail de 1908 entre Albert Lasnier et le Dr Claude Simeray, qui vient de Besançon pour s'installer à Moissey; La famille Simeray occupera le 1er étage de 1908 à 1920.

l'acte de naissance de Jean Albert Lasnier 1905-1978. L'écriture est celle d'Edmond Guinchard, instituteur et secrétaire de mairie.

l'acte de naissance de Marinette Lasnier 1906-1999. L'écriture est celle d'Edmond Guinchard, instituteur et secrétaire de mairie

pages latérales: o o o famille Simeray o o o famille Robert o o o maison Robert-Verdot o o ofamille Gaillard

auteurs

autres pages sur le château de Moissey

Christel Poirrier, 2007

François Premier dort au château de Moissey, 1525

Editeurs indiqués

Cartes Postales Anciennes, autour de 1900

Marcel Poisot

plaques photographiques du château, autour de 1900

Maurice Simeray

deux huiles sur toile du château, avant 1914

Ecole de Moissey

un tournage au château de Moissey, 1971

Anthony Generet, écolier de Moissey

images du château Lasnier, 1998

Claude fils de Paul Preney

le château de Moissey, journées du patrimoine, 1999

Editions Atlas ©2004

fiche extraite de "Châteaux Passions", Ed. Atlas-2004

Editions Atlas ©2004

villages de France, la fiche de Moissey, Ed. Atlas-2004

Christel Poirrier, 2008

entretien avec les nouveaux propriétaires, 2001

Les Dépêches, 1963

La chute nocturne de la Tour du Château Lasnier, 1963

Christel Poirrier, 2010

la cuverie du château, essai de restitution, 2010

Odette Vuillet, Claude Preney

Travaux des frères Vuillet de 1962 à 1965

Odette Vuillet, Claude Preney

La tour Est, côté Nord, images de Claude Preney

Odette Vuillet, Claude Preney

La Tour Ouest, l'unique en façade, images de Claude Preney

Odette Vuillet, Claude Preney

Le pont d'entrée, images de Claude Preney

Christel Poirrier, Isabelle Debreuille

souvenirs de Marinette Lasnier-Debreuille, 1996

René Delmas

le vieux Moissey, dans la nouvelle monographie de Moissey, tome I, 2014

portail de moissey.com
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