à moissey, à l'est de l'agglomération, CD 37

le petit pont du puits Baudry

M-à-J [mise à jour]

voir l'article initial de 2007

suite et fin (presque fin)

page de christel poirrier-2018

le petit pont Baudry, enfin dégagé par quelques travaux de bûcheronnage en 2015

le petit pont Baudry, après le travail des GDS (Gens Du Samedi) en 2017

une nouvelle vie pour le petit pont du puits Baudry
 

Depuis que nous avons souligné l'existence du Petit Pont du Puits Baudry, les citoyens ne sont pas restés les bras croisés.

Dès 2014, l'arrivée d'un nouveau municipium, liberté a été donnée à ceux qui le souhaitaient de réhabiliter le monument.

En effet cet ouvrage a tout d'un monument. D'abord on le réparerait, et ensuite, on verrait ensuite. On signifie par là que d'abord on lui sauverait la vie, et qu'après, si on le voulait, on passerait à la phase bla bla-bla, c'est-à-dire qu'on confierait l'histoire d'icelui à ceux qui l'écrivent: nous avons nommé les historiens.

Que les historiens écrivent l'histoire, ce n'est pas un événement, c'est d'ailleurs leur métier. Mais que l'histoire écrite soit la fidèle transcription de ce qu'il s'est passé, c'est une autre... histoire.

C'est d'ailleurs justement ce que nous allons faire.

Quand il a été découvert au milieu de la jungle environnante, tout le monde s'est unanimisé sur le fait qu'il faudrait sauver ce petit pont, sans surtout pas se demander à quoi et à qui il servirait. On pourrait lui donner le même statut que l'édicule nommé grande fontaine, il servirait à rien d'autre qu'être beau, ce qui n'est pas si mal, dans un village dont la beauté n'est pas la qualité première (c'était un village de vignes).

Symboliquement, ce petit pont mignon a été le premier souci ["culturel"] de la nouvelle équipe municipale, qui est arrivée aux manettes avec une feuille de route déjà rétrécie du fait que les bourgmestres du passé -depuis 1965- avaient aménagé tant qu'ils avaient pouvu, à tel point qu'au bout du compte, on avait pu se payer un stade olympique et une aire-préau bucolique. Avec un mandat de plus, on avait droit à des arènes... et un arc de triumph...

Chaque samedi matin, de beau temps, ceux qui aimaient ça, sont venus dégager le lieu, relever des pierres, faire des joints, enfin tout pour que le vieux petit pont devînt un joli petit pont neuf. Il faut dire que du labeur il y en a eu, à commencer par redonner figure humaine à l'endroit qui ressemblait à un no man's land qui oscillait entre la mangrove et l'enfer, où d'ailleurs quelques générations de clandestins avaient pris, très jadis, leurs habitudes. Des piétons, des cyclistes, des semi-nudistes...

Un beau jour le petit pont était devenu tout neuf, restait plus qu'à savoir ce qu'on allait en faire, et d'abord, trouver à quoi il avait servi. L'examen des lieux n'indiquait rien, le monument ne figurait pas sur le plan cadastral, tout comme le concasseur des Gorges de 1920 qui n'y figurait pas non plus. Les archives n'avaient pas parlé, et Edmond Guinchard, le grand pourchasseur d'archives en 1913 n'en parle pas.

Donc nous avons eu, nous avons, nous aurons recours à Napoléon. Pas le Premier qui venait boire des canons à l'auberge de la place, à cheval, avec Masson d'Authume pour se délasser les longs dimanches à Auxonne, mais l'autre, son neveu, Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, le Prince Président qui s'est faire catapulter empereur, sous le nom de III, le II ayant été le successeur et fils du I et qui n'a pas régné.

Sa Majesté le III impérial avait des défauts dont Victor Hugo avait fait l'inventaire, mais aussi des qualités. D'ailleurs s'il avait écrit l'Extinction du Paupérisme (en true french, la fin de la pauvreté), c'est qu'il avait des idées sur le bien-être, et en particulier sur l'hygiène, de ses sujets. Il avait aménagé Paris tout comme Rome au temps où elle était antique et c'est sûrement grâce à lui qu'il y a autant de fontaines dans nos villages. Pour ce qui est de notre affaire, le complexe de captation de l'eau de Melay remonte à 1880, quant au CD 37 il fut percé en 1850, et c'est dans ces eaux-là qu'a dû naître ce petit pont, soit des finances d'un châtelain de Moissey, soit du budget communal, ce qui serait bien étonnant. On était l'époque où tout le monde se lavait, où toutes les vaches avaient à boire sans traverser toute la commune. Cette ère napoléonienne fut une ère de propreté (au moins de propreté).

Dans la vie d'un village, dans sa promotion, il faut retenir deux héros: Jean-Baptiste Colbert qui prospectait toutes nos forêts pour en récupérer les bois de marine (ça a fait des sous pour les communes) et Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, dit le III, pour ses idées généreuses sur la santé du pople.

Donc on avance: on ne sait toujours pas qui a bâti ce pont. Maintenant, on va continuer à chercher et pas trouver pourquoi il a été érigé. La configuration des lieux n'a pas changé énormément depuis l'arrivée du cimetière extérieur de 1870. L'eau qui arrivait sous le petit pont venait des terres qui étaient à son sud, accrue peut-être depuis 1960, pour des raisons de remembrement et de draînage.

Pour moi, ce pourrait être une histoire galante, le châtelain de l'époque, puisqu'on jouxte sa terre, aurait offert ce pont à sa maîtresse, et le fait qu'il soit inutile révèle bien sa nature de cadeau "sentimental", tout comme on refile un rubis ou une émeraude à une qu'on appelle princesse, pour acquérir l'invitation et la pâmoison de la belle.

"voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,

et puis voici mon petit pont qui ne bat que pour vous"

Car aujourd'hui, si on demande son avis sur ce pont à un riverain, il répond aussi sec, jeum demande ce qu'il fout là, spon-là.

On se rappelle du Pont d'Avignon, qui a dû concéder à la navigation fluviale, et à qui on a dit, moitié pour les pesdestrians, moitié pour les gabarres, c'est ainsi qu'il n'y en a que la moitié debout sur ses pattes.

Le jour où on voyagera plus vite que la lumière [demain la veille ? je ne pense pas], on pourra avoir des images du passé et on verra, qu'est-ce qu'on verra, des soubrettes à la lessive. En attendant que ce jour faste arrive, on est bien obligé d'expliquer pourquoi ce pont est de guingois et même de jengouin. La seule hypothèse qui tient la route est qu'il y a plus de cent ans, le débit de l'eau était plus important, mais surtout, que le ravin qu'on a connu (et qui maintenant est en train de disparaître) était trois ou quatre fois plus large. Au cours des décennies, d'effondrements et démolitions, ce ravin, qui pouvait être à 5 mètres de la porte du cimetière, a reculé comme recule une dune, mais ici par "remplissage".

S'il n'en reste qu'un je serai celui-là, voilà ce qu'aurait dit le petit pont qui avait quelques lettres. Pas du facteur, celles de Victor et de Paul.

Maintenant, si on prend l'avion, un petit, ou si on demande le concours de Google Earth, le voile se lève d'un coup sur le mystère: le petit pont était juste dans le prolongement du chemin rural, celui qui passe à côté de la propriété Revoy, qui regorge de bois de chauffage.

Le chemin fait un joli coude, pour éviter le ravin; le petit pont est donc antérieur au coude du chemin rural. Jadis il a été tout droit, un autre jour il a évité le trou...

Au fond du trou, il y avait une belle quantité d'eau, et le petit pont (son radier) est dans l'axe du fond du lit, disons dans l'axe de cette vallée, c'est tout naturellement qu'on lui a imprimé cette torsion.

Tout n'est pas encore aussi clair. Du temps du chemin tout droit qui arrivait sur le petit pont, tout allait bien: un événement a fait qu'on l'a disgrâcié pour le contourner. Ou qu'on a voulu faire une voie effectivement carrossable.

oOo

Il reste à aborder cette science dont tout le monde rigole, en attendant les pleurs, c'est l'hydrologie souterraine. Nous croyons, et même nous prétendons, qu'il y a sous terre un réseau hydraulique de grande surface et très fourni. Comme mon village de lait est sur du granit, il n'est pas certain que cette dernière hypothèse soit la meilleure,

en tout cas, depuis le temps qu'on voit des inondations dans notre télévision, que ce soit en Provence latérale ou Amérique latine et même en Afrique du soleil et même ailleurs, on voit avec nos deux yeux le ruban de la route se déchirer, se décoller, se faire emmener, tout comme tarmac des aéroports: c'est que lorsqu'on construit tout ça, on fait un blocage d'un mètre, de deux ou de trois, sans savoir à l'avance que l'eau ravinera toutes ces couches géologiques qu'on ne voit pas, ou même qu'on ne soupçonne pas.

L'eau sait tout faire, tombant du ciel en gouttelettes, et en prenant son temps, elle vient à bout de tout ce qui est bâti, et quant à sa vie souterraine, il y a longtemps qu'elle anguille sous roche, à un point qu'on n'imagine pas. C'est bien d'envoyer des cielonautes dans le ciel et des abyssonautes au fond des abysses, mais il faudrait prospecter sous nos pieds en missionnant des terronautes hydrologues. Il y aurait à savoir, du moins à apprendre.

Pour la suite de l'investigation, reste à savoir d'où vient l'eau. L'eau fait ce qu'elle veut, par exemple, celle de Melay ne vient pas de Melay, source tarie, mais d'une autre zone en aval dans l'aqueduc souterrain. Autre exemple, une belle citerne du XVIIe s. de la rue de Pitié, n'est plus alimentée depuis plus d'un siècle, on ignore pourquoi.

Et pourquoi pas, d'où vient ce nom de baptême de l'endroit, séculaire au moins, le Puits Baudry. Il y avait là un puits, un gros puits ? Pas que bau mais dry ?

Le Seigneur de Baudry était-il propriétaire du lieu, du puits, ou était-il tombé dedans un jour de marche incertaine, ou était-il bienfaiteur de la commune, ou était-il sociétaire de l'académie des sciences, option eaux ? Nous n'en saurons guère plus aujourd'hui.

oOo

C'est par la vue aérienne que la lumière arrive, c'est d'ailleurs bien elle qui tombe du ciel. Si le chemin, qu'on appelle chemin de remembrement n'était accessible que depuis la route de Dole, parce que l'autre bout finissait en sentier muletier, ou piéton, il est facile d'imaginer que ceux du nord de la commune aient voulu leur entrée à eux, et auquel cas, le seul moyen pour faire rouler des charrettes, était de contourner le ravin, ce qui nous amène au tracé que nous connaissons.

En géographie, on rencontre souvent des itinéraires longs qui remplacent des itinéraires courts, d'ailleurs à chaque fois qu'il s'agit d'aller au-delà d'un obstacle, qu'il soit trou ou qu'il soit bosse.

Voilà une bonne vérité, et celui qui voudrait la contester serait prié de venir avec ses preuves à la pluie comme disent certains de mes conpatriotes. Et si besoin sera, nous ouvrirons une page "le Petit Pont du Puits Baudry III".

christel poirrier-2018

 

la police de l'eau intervient dans ces travaux

 

Selon le bulletin municipal et d'informations [n° 3-2018], on apprend que la police de l'eau trouve à redire aux travaux qui sont en train de s'achever. Le maire se défend en déclarant que l'eau qui arrive au petit pont ne figure sur aucune carte de l'eau, ce qui est normal, car elle doit figurer sur la carte des égouts, des mares et des flaques, des abreuvoirs, des baignoires et des lavabos, tous objets susceptibles d'apparition (d'eau) et de disparition (d'eau) en fonction de la température de l'endroit (disons, le climat).

Il aurait certainement fallu convoquer, et le maire est certainement fautif, la police des ravins, la police des ponts, et la police des enceintes de cimetières et celle des fossés.

Et plus spécifiquement, pour ce qui concerne notre village, la police du lierre, et particulièrement en novembre, la police des feuilles mortes.

A la vérité, plusieurs personnes avaient eu l'idée, il y a deux ans, qu'il fallait buser le fond du ravin, ce qui est une fausse bonne idée puisque la seule chose qu'on doit respecter et qui l'est ici, c'est que les deux buses-sources surplombent l'aval, et que le bord-ouest de cette nouvelle esplanade soit talutée, comme il se doit.

moissey.com pense que, comme il n'y a pas de fumée sans feu, il n'y a pas d'eau sans police, il n'y a pas de police sans eau, et enfin qu'il n'y a pas de police de l'eau sans l'intervention discrète d'un administré dévoué qui a un peu dénoncé l'opération, en douce.

christelp

il a fallu abattre les grands arbres

et les destiner aux destinataires

voilà qu'on y voit clair, avant l'arrivée des maçons

après la première saison de travail

le ravin encore visible a dû naître beaucoup plus près de la rue du cimetière

cette image n'est pas à sa place

fin 2018, la pelleteuse a dû revenir pour donner la forme qu'on voit; au fond, la buse qui vient du draînage de 1960

c'est-à-dire qu'on souligne l'emprise de l'ancien sentier muletier ou piéton

il reste sur l'édifice la marque des balustrades, pour éviter aux gens de tomber dans l'eau

la rampe terminale était vraisemblablement orientée comme on le voit ici, soit par un sentier soit par des grandes marches

l'extrémité du vieux sentier pouvait ressembler à ceci

un autre arrivée d'eau qui vient du cimetière, ou, de plus loin, du captage de Melay

la vue de Google Earth laisse pressentir la solution

la solution de l'énigme, dont il serait bien étonnant qu'il en fût autrement

ici, il est clair que le chemin ne faisait pas d'écart, il arrivait à angle droit sur le CD 37.

Lorsque je me suis intéressé à ce village (1969), Lucien Thomas m'a remis une grande carte, appelée carte des chasseurs, qui semble avoir été une carte d'Etat Major aggrandie à la photocopieuse de la DDE, en effet, cette carte mesure 1m de large sur 2 m de long. Il reste à dater cette carte d'Etat Major, on pourrait dire juste avant ou juste après la guerre 3945, ceci sans certitude.

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