village de moissey

souvenirs de Paulette Bouvier

née Plubel en 1926, en Haute-Marne

épouse de Jean Bouvier, boulanger, né en 1927

Gérard, André et Paulette, au café "chez Paulette" (Noël 1979)

 

Paulette Plubel est née le 30 octobre 1926,

à Bussière-les-Belmont, en Haute-Marne. Elle passe son certificat à 12 ans et reste avec sa famille agricultrice jusqu'à 20 ans.

 

En 1946, elle épouse Jean Bouvier, boulanger, né le 23 janvier 1927 à Marcilly-sur-Tille. Elle sera mère de trois enfants,

- Guy, né en 1947,

- Gilles, né le 2 septembre 1955 et

- Brigitte, née le 4 mai 1962.

 

Le mariage est célébré à Montmirey-la-Ville par l'adjoint du maire, le Docteur Mignot, qui est à ce moment Arthur Lamblin.

En 1954, ils arrivent à Montmirey-la-Ville, et s'installent en boulangerie dans une très grosse maison, près de la Gare, qui héberge aussi la laiterie. Cette belle maison est de la même taille que les fermes du Haut-Jura et elle est toujours au même endroit.

Il y a là déjà un pétrin mécanique, un four à mazout et à bois en cas de panne. La vétusté de l'endroit les fait émigrer un peu plus loin, c'est ainsi qu'

 

ils s'installent à Moissey, en 1963, devant la Grande Fontaine,

 

dans un commerce tenu par Monsieur et Madame Ferry et qui s'appelait l'Hôtel des Voyageurs (AB 71). Cet établissement faisait café, hôtel et restaurant. Il avait été tenu jadis par des Brégand et les Ardin (qui faisaient pension de famille en 1933).

Ils transforment l'écurie en fournil, la grande salle de restaurant en magasin, en entre-deux, et salle de séjour, et le café licence IV, reste café à l'endroit où il est encore en 1996. Il y a encore une écurie, car on est, ici, contre l'ancien relais de diligence, la poste aux chevaux.

Monsieur Jean Bouvier a bien connu Marcel Téliet, qui dirigeait la Carrière d'Eurite et possédait une grosse voiture.

 

De juin 1963 jusqu'à fin mars 1988, Monsieur Bouvier fait son pain pendant que Madame Bouvier vend du pain et débite de la boisson. Elle garde un bon souvenir de son activité, bien que ce ne fut pas drôle tous les jours.

Elle occupait une "hauteur stratégique" grâce à son poste de boulangère et de "cafetière". C'était une mine d'informations. D'ailleurs, l'information, elle aime ça, à ne pas confondre avec la curiosité. Elle aime à répéter:

"Quand on cesse de s'intéresser, ça devient de l'égoïsme".

 

Entre ses "abonnés", les clients de passage occasionnels et les clients de passage réguliers, elle a une vie relationnelle très riche, et elle déclare qu'au moment de remettre, elle a dû subir une sorte de sevrage qui n'a pas été facile, mais elle a bien dû s'y faire.

Elle a le verbe facile et grand goût pour la parole, aussi ses propos fourmillent d'anecdotes qu'il n'est pas aisé de citer ici, car elle a dans sa clientèle un échantillon du genre humain, avec tous les niveaux, toutes les tendances que cela comporte. Elle nous dit à propos d'une chose ou d'une autre :

"Je pourrais vous en faire un roman".

 

De nature pas peureuse, parce qu'habituée depuis toute petite (à ne pas avoir peur), elle n'a jamais rien redouté dans l'exercice de son activité, ou si elle a eu peur, c'est très rarement.

 

Les grands moments de son mandat, c'est la construction de la poste en 1964. Le spectacle a beaucoup impressionné les témoins, on a coupé de grands arbres, on a terrassé, puis bâti cette belle poste qui dessert 25 communes. Dans la foulée, on a créé la place (sous le règne de Maurice Besson).

Puis on a refait la route, on l'a sur-élevée, il a fallu condamner deux portes de sa maison par lesquelles on ne pouvait plus passer debout.

Une catastrophe naturelle a marqué les époux Bouvier, en 1975, quand Gilles faisait son service militaire, il s'agit d'une inondation comme il est peu donné d'en voir.

La boulangerie occupe un point bas dans le village, et ce jour-là, toutes les eaux pluviales se sont retrouvées à la boulangerie, et comme la boutique était trop petite, elles ont ensuite envahi la place du village. C'était un véritable lac. L'eau a d'abord envahi le fournil, puis d'autres pièces et enfin le café. Selon Madame Bouvier,

c'était la première fois que l'eau allait au café.

 

Il y a eu des pertes, de farine, de tabac, de marchandises, qui ne trouvaient pas de refuge pendant le cataclysme.

C'est René Collieux agriculteur qui a vidangé les eaux coupables avec sa tonne à pomper le lisier.

Selon Madame Bouvier, cet événement a pu se produire pour deux raisons, d'abord l'importance de l'orage et ensuite, la couverture goudronnée de la place a empêché l'infiltration, enfin, les conduites d'eaux usées et fluviales qui partent de la boulangerie vers la station d'épuration étaient sous-dimensionnées.

Il y a encore eu de belles inondations en 1976, puis en 1977.

 le vendredi 5 juillet 1996.

Paulette, Brigitte et Jean Bouvier, dans l'intimité familiale.

Guy, Gilles, la grand-mère, Paulette et Brigitte, devant le café-boulangerie.

La grande inondation de 1975.

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